La mort

La mort, la grande question qui a toujours troublé l’Homme, constitue un véritable drame dans la société des Sérères nones. L’Homme n’arrive jamais à la justifier ou à la concevoir. Ainsi dès l’annonce d’une mort, les lamentations, qui ne laissent personne indifférent, montrent le caractère éprouvant de la mort.

Rappelons qu’il y a plusieurs types de Sérères à savoir les Sérères ndout, les Sine Sine, les Saloum Saloum, les Safis et les Nones. Ce travail porte sur les Sérères nones car chaque types de Sérère a sa propre tradition.

Auparavant le Sérère none ne pouvait pas concevoir la mort d’un jeune, seul les veilles personnes devraient mourir, raison pour laquelle la mort était quelque chose de naturel. Il croyait également à la résurrection et à la réincarnation qui passe d’abord par l’épreuve de la mort, ce qui explique la croyance à l’ordalie (Jugement dernier) chez le Sérère none.

La mort d’un vieux ou d’une vieille chez les Nones était l’occasion de festivités. Le décès était annoncé par un coup de fusil dans la cour de la concession pour le commun des individus et par le battement des mains pour les chefs. Signalons que dans la famille des tam-tams, il y a un chef appelé Nder. Et c’est Nder qui était chargé d’annoncer le décès. Son message se basait sur le nom de famille du défunt. Les villageois voisins étaient capables de décoder ce message.

Une fois l’information reçue, les gens venaient de partout avec des biens (animaux pour viande, mil, vin, pagne,…). La veille, toutes les femmes du village se réunissaient  pour compatir. Le jour de l’enterrement un grand taureau était immédiatement immolé. Le défunt était couché sur une natte recouverte d’un pagne blanc tandis qu’une calebasse contenant des pagnes était posée au niveau de sa tête. Sa communauté apportait un témoignage sur le disparu avant puis l’adieu se réalisait avec des feuilles de palmier; celui qui était chargé du rituel en faisait un long fil puis l’attachait  sur la main du défunt. Tous les membres de la  famille venaient , tenaient cette feuille et marchaient sans se retourner. Enfin, le fil en feuille de palmier  était coupé  par un couteau pour marquer la séparation. Il ne fallait pas tourner car celui qui se retournait risquait d’être emporté par le défunt ou de tomber malade.

Après cela un cortège composé d’hommes et de femmes conduisait le défunt en chantant et en dansant sur le lieu de l’ensevelissement. En route, on observait des escales pour bien danser et pour louer les exploits du défunt. On pouvait faire trois à quatre escales suivant la distance du lieu d’ensevelissement. Le climat de joie et de soulagement se faisait  voir sur les visages. Ce moment était pour le None, l’occasion de rendre grâce à Dieu pour les nombreuses années vécues. Il y  avait alors deux manière d’exprimer ce que l’on vivait: la première, appelée Kiloy et signifiant chanter en pleurant, était réservée le plus souvent aux femmes, tandis que  l’autre, expression par le biais de l’humour, était réservée aux hommes.