Accueil   Le billet de louis   Le mariage est une cérémonie traditionnelle

Le mariage est une cérémonie traditionnelle

Le mariage est une cérémonie traditionnelle, une union sacrée au cours de laquelle l’homme et la femme s’unissent dans le but de former une famille. Un moment permettant à plusieurs générations, une meilleure connaissance des coutumes et des croyances. Rappelons que chaque ethnie a sa manière spécifique de célébrer le mariage car chacune  a  sa propre tradition et sa propre culture. Pour rappel, ces différentes ethnies sont les Sérères sines, les Saloum saloum, les Sérères ndout, les Sérères  safis et les Sérères nones.

Dans la société des Sérères nones, le mariage a toujours été un grand moment de rencontre, de fête, et de témoignage du patrimoine culturel. En milieu none, le mariage était très complexe, car l’homme n’épousait pas la fille qu’il aimait forcément mais celle qu’on lui donnait et que parfois, il ne connaissait même pas.

Le choix du conjoint par les parents était une chose courante, preuve qu’il s’agissait  d’une affaire concernant toute la famille.  Si un homme épousait la fille de son oncle, on disait que la fille était « toujours chez elle », c’était une manière d’éviter les problèmes et d’être rassuré par le fait que la fille restait dans « la grande famille ». Une autre préoccupation était de garder la pureté du sang.

Aujourd’hui, l’homme est libre de choisir celle qu’il aime et a l’obligation d’en parler à ses parents, vu que le mariage est une union entre deux lignages.

Ainsi, quand l’homme a choisi son âme sœur avec ses parents, ces derniers choisissent un homme  ou une femme qui habite le même village ou le  même quartier que la fille. Cet homme, appelé louhoune, est chargé de mener des enquêtes sur la famille de la fille et de faire les démarches pour préparer le mariage. Il est le représentant du garçon dans le village ou dans le quartier de la fille.

Les parents de la fille, de leur côté, après avoir causé avec leur fille, rencontrent le garçon par l’entremise du louhoune. Le garçon vient alors accompagné des ses oncles, des ses tantes et de ses parents apporter 11  kouloungs  (gourdes) contenant du vin de rônier. Avant de rencontrer les parents de la fille, le garçon passe d’abord chez le louhoune et lui donne un kouloung. Accompagné par le louhoune, le garçon et sa famille se rendent chez les parents de la fille à qui ils offrent 10 kouloungs. Par « parents » de la fille, il faut entendre papa, maman, oncles, tantes et grands-parents sachant que le mariage est l’affaire de tous. Alors tout le village est convié pour boire le vin, être informé du mariage et discuter de la dot. C’est ce que nous appelons la demande de main. Suite à cette rencontre, une date est retenue pour les fiançailles à laquelle il suffira seulement d’amener la dot. Comme vous le voyez, avant la célébration du mariage en milieu none, il y a beaucoup de conditions à remplir, conditions auxquelles vient s’ajouter le fait que, pendant l’hivernage, le futur époux vient cultiver les champs de ses beaux-parents avec l’aide de sa classe d’âge. C’est ce que le None appelle cakagne.

Le cakagne est un moment très significatif, permettant au garçon de démontrer sa bravoure à ses beaux parents. A son tour, la fille montre ce qu’elle peut à son futur époux qui, par ailleurs, est  tenu de donner du tabac, du cola et du vin de rônier en guise de provision pour consolider les relations. Tous ces biens  sont destinés aux parents de la future épouse, à ses oncles, à ses tantes.

Le jour des fiançailles, du tabac, du cola et du vin sont distribués dans tout le village par les tantes de la future mariée pour officialiser la future union.

Le jour du mariage, les époux, chacun de leur côté, suit des rituels selon la tradition. Après la cérémonie religieuse, c’est la grande fête, la réception. Tout le monde est invité. Des bœufs sont immolés pour préparer le repas. L’animation et l’ambiance ne sont pas en reste. La nourriture et la boisson coulent en abondance pour magnifier ce jour de joie, d’union, de communion et d’action de grâce.

Pour la nuit suivant le diner, il faut amener l’épouse chez son mari. La nouvelle mariée est couverte d’un pagne blanc de la tête aux genoux. Ce pagne blanc montre que la  nouvelle mariée est une jeune fille  vierge  mais signifie surtout  le passage d’une étape de la vie à une autre. Au rythme des tam-tams, des chants et des applaudissements, les voisins, les amis et la classe d’âge l’accompagnent  jusqu’à sa demeure.

Signalons au passage que le chant  a plusieurs fonctions dans le mariage chez les Sérères nones. Parmi celles-ci, citons la fonction didactique, la fonction expressive, la fonction ludique et la fonction communicative sachant à quel point le texte comporte un message intéressant, clair, et pointu envers les mariés. A travers ces chants, beaucoup de conseils pratiques sont adressés aux mariés.

Arrivés  chez le mari, les gens viennent accueillir les nouveaux mariés. Ainsi des pagnes sont étalés par terre sur lesquels la nouvelle mariée doit  marcher jusque dans sa chambre. Ce moment d’arrêt est très  fort  et est marqué par beaucoup de rituels pour que la femme puisse entrer dans sa maison, accompagnée des gens et surtout, de son guide principal appelé jèkkè .

Une fois dans la chambre avec son guide, des rites sont effectués selon la tradition puis,  le pagne blanc est enlevé. Alors, la mariée peut regarder son mari et la fête peut continuer jusqu’au petit matin.

Au réveil, la femme porte un pagne noir pour signifier qu’elle est  désormais femme et non plus jeune fille. La couleur noire met en évidence le mariage avec ses peines et ses joies. Quant à la fête, elle continue durant toute la journée.

A partir de ce moment, femme peut gérer son foyer et ainsi va la vie.